Temps de lecture estimé : 5 minutes
Points clés à retenir
- Bouturer en fin d’été (semi-aoûté) ou en automne-hiver (bois dormant)
- Prélever une pousse saine non fleurie, couper près d’un nœud
- En pot : substrat léger, arrosage modéré, atmosphère à l’étouffée
- Dans l’eau : immerger le nœud sans les feuilles, renouveler l’eau régulièrement
- Base noircie ou tige sèche : ajuster l’arrosage et l’aération
Quand bouturer le chèvrefeuille selon la saison
Pour bouturer le chèvrefeuille, le calendrier compte presque autant que le geste. Dans mon jardin, je distingue deux fenêtres qui donnent de bons résultats selon la saison.
La bouture semi-aoûtée se pratique en fin d’été, quand la tige est encore souple au sommet mais déjà plus ferme à la base. C’est le signe que le bois commence à mûrir sans être totalement rigide.
La bouture sur bois dormant se fait en automne-hiver, sur du bois complètement lignifié. La préparation change un peu : pas de feuilles à gérer, et une reprise plus lente, souvent au printemps suivant.
Je préfère adapter mon calendrier à la météo plutôt qu’à une date fixe sur le papier. Un été traînant en douceur repousse la fenêtre semi-aoûtée de deux ou trois semaines, et un gel précoce accélère le passage au bois dormant.
Ouvrir l’infographie en grandQuel rameau prélever et quel matériel préparer
Le choix du rameau conditionne une bonne partie de la réussite. Je sélectionne toujours une pousse saine de l’année, non fleurie, longue d’environ 15 à 20 centimètres.
La coupe se fait près d’un nœud, à l’endroit où la sève circule le mieux. Je retire ensuite les feuilles basses, celles qui toucheraient le substrat, sans pour autant dénuder entièrement la tige.
- Un sécateur propre et bien affûté, désinfecté à l’alcool
- Un pot percé pour éviter l’eau stagnante
- Un substrat léger, mélange de terreau et de sable
Ce matériel simple, je le garde toujours à portée de main en fin d’été. Un sécateur mal désinfecté suffit à faire pourrir une base saine.
Comment bouturer le chèvrefeuille en pot
La méthode en pot reste la plus fiable pour un premier essai. Je commence par préparer la tige sans écraser sa base, un geste net qui limite les risques de pourriture.
Pour visualiser les gestes clés, cette vidéo de Rustica détaille chaque étape de la bouture, du prélèvement jusqu’à la mise en pot.
J’installe ensuite la bouture dans le mélange terreau-sable, à quelques centimètres de profondeur, puis j’arrose modérément. Trop d’eau à ce stade favorise le pourrissement plutôt que l’enracinement.
Je crée enfin une atmosphère humide à l’étouffée, avec un sac plastique ou une bouteille coupée. Le point à surveiller : aucun contact entre les feuilles et la couverture, sinon la condensation fait pourrir le feuillage.
Comment bouturer le chèvrefeuille dans l’eau
La méthode dans l’eau plaît pour sa simplicité et parce qu’elle permet de voir les racines apparaître. J’immerge le nœud inférieur de la tige, sans jamais tremper les feuilles.
Je place ensuite le récipient en lumière indirecte, jamais en plein soleil, et je renouvelle l’eau tous les deux ou trois jours. Une eau stagnante tourne vite et favorise les bactéries.
Quand les racines mesurent deux à trois centimètres, je repique avec précaution en pot. Les racines nées dans l’eau sont fragiles, cassantes au moindre choc, donc je manipule la bouture par la tige et non par les jeunes radicelles.
Comment entretenir la bouture jusqu’à sa reprise
L’entretien fait toute la différence entre une bouture qui prend et une qui s’étiole. Je maintiens le substrat frais, jamais détrempé, en vérifiant du doigt avant chaque arrosage.
J’aère les boutures à l’étouffée quelques minutes chaque jour et j’évite tout soleil direct, qui brûlerait les jeunes tissus derrière le plastique. Un rebord de fenêtre au nord convient très bien.
Ne confondez pas l’apparition de nouvelles feuilles avec un enracinement établi. Une bouture peut pousser quelques feuilles avant même d’avoir formé de vraies racines, grâce aux réserves de la tige.
Pour vérifier la reprise, je tire très légèrement sur la tige. Si elle résiste, les racines ont pris ; si elle glisse, il faut patienter encore.
Quand et comment replanter le jeune chèvrefeuille
Le repiquage en pot et la plantation définitive ne se font pas au même moment. Je repique d’abord dans un pot plus grand dès que les racines occupent bien le volume initial, souvent après six à huit semaines.
La plantation en pleine terre attend le printemps ou l’automne suivant, selon la saison de bouturage. Un jeune plant issu d’une bouture d’automne mérite d’être protégé du gel et des vents froids son premier hiver, sous un voile ou contre un mur.
- Choisir un emplacement mi-ombragé, abrité des vents dominants
- Ameublir la terre sur une bonne profondeur avant plantation
- Installer un support ou un treillage dès la mise en terre
Dans ma longère, j’ai planté mes chèvrefeuilles contre un vieux grillage. Trois ans après, ils le recouvrent presque entièrement.
Pourquoi une bouture de chèvrefeuille échoue
Une base qui noircit ou des feuilles molles indiquent presque toujours un excès d’eau combiné à un manque d’aération. Le remède consiste à réduire l’arrosage et à aérer davantage la cloche ou le sac plastique.
Une tige qui se dessèche, elle, révèle plutôt un air trop sec ou une exposition trop chaude. Je corrige en augmentant l’humidité ambiante et en déplaçant la bouture loin d’un radiateur ou d’une fenêtre plein sud.
Si aucune racine n’apparaît après plusieurs semaines, je vérifie d’abord la maturité du rameau prélevé. Un bois trop jeune ou au contraire trop vieux enracine mal, et il vaut mieux recommencer avec une tige mieux choisie plutôt que de s’obstiner sur la même bouture.



