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Points clés à retenir
- Base minérale : nitrate de calcium, sulfate de magnésium, phosphate monopotassique
- Pour 10 L : 4 g, 2 g, 1 g de sels et 0,5 g de chlorure de potassium
- Viser un pH de 5,8 à 6,2 et une EC de 1,5 à 1,8 mS/cm pour les feuilles
- Les alternatives organiques ne remplacent pas les sels minéraux
- Remplacer 25 % du réservoir chaque semaine, tout renouveler en 4 à 6 semaines
Engrais hydroponique maison : ce que la plante doit recevoir
Un engrais hydroponique maison efficace repose sur trois sels minéraux : le nitrate de calcium, le sulfate de magnésium et le phosphate monopotassique. On les dissout dans une eau pure, puis on règle le pH autour de 6. Sans terre pour amortir les erreurs, tout ce que la plante mange doit être dans l’eau.
Elle réclame d’abord les macroéléments : azote, phosphore et potassium, avec un ratio de base de 3-1-2 pour la majorité des plantes. Il lui faut aussi du calcium, du magnésium et du soufre. Le calcium vient du nitrate de calcium, le magnésium et le soufre du sulfate de magnésium.
Viennent ensuite les oligo-éléments : fer, bore, manganèse, zinc, cuivre. Le fer doit être chélaté, c’est-à-dire protégé, sinon il précipite et devient inutilisable. Je n’essaie pas de le fabriquer, j’achète un mélange de chélates du commerce.
Alors, pourquoi pas l’engrais du jardin ? Parce qu’il est formulé pour un sol qui stocke, transforme et libère les éléments. Dans un bac d’eau, un engrais de jardin classique laisse des dépôts, déséquilibre les apports et colmate les pompes.

Matériel et ingrédients à réunir
Avant de peser le moindre sel, je prépare le matériel. Sur mes premiers essais, c’est le pH-mètre qui m’a évité de gâcher des plants. Les bandelettes de pH sont trop imprécises pour l’hydroponie.
- un pH-mètre et un conductimètre (EC-mètre), étalonnés régulièrement ;
- une balance de précision au 0,1 g près, pour peser les sels ;
- des bidons opaques, une éprouvette graduée et un agitateur ;
- les sels : nitrate de calcium, sulfate de magnésium, phosphate monopotassique, chlorure ou nitrate de potassium ;
- un mélange de chélates de microéléments, du commerce.
Les sels s’achètent en magasin d’hydroculture, en ligne ou en droguerie spécialisée. Pour l’eau, je choisis de l’eau distillée ou déminéralisée. L’eau du robinet très calcaire ou chlorée fausse la recette, puisqu’elle apporte déjà du calcium et laisse du chlore.
Recette de base d’un engrais hydroponique maison en sels minéraux
Dosage pour 10 litres
Voici la recette pour 10 litres d’eau distillée. Comme la balance descend à 0,1 g, je ne prépare jamais moins de 10 litres : à 1 litre, les doses de chlorure de potassium deviennent impossibles à peser.
- 4 g de nitrate de calcium ;
- 2 g de sulfate de magnésium ;
- 1 g de phosphate monopotassique ;
- 0,5 g de chlorure de potassium ;
- 1 à 2 ml de mélange de chélates, soit 10 à 20 ml pour 100 litres, selon la notice du fabricant.
Remplir avec de l’eau pure
Verse 10 litres d’eau distillée ou déminéralisée dans un bidon propre.
Peser chaque sel
Pèse séparément chaque sel sur la balance au 0,1 g près.
Dissoudre le nitrate de calcium
Ajoute-le en premier et remue jusqu’à dissolution complète.
Ajouter les autres sels
Dissous ensuite le sulfate de magnésium, le phosphate monopotassique et le chlorure de potassium, un par un.
Verser les chélates
Ajoute 1 à 2 ml de mélange de chélates, selon la notice du fabricant.
Mesurer l’EC et le pH
Vise une EC de 1,5 à 1,8 mS/cm et un pH de 5,8 à 6,2.
Corriger si nécessaire
Ajuste le pH goutte à goutte en remesurant à chaque ajout.
Avant de commencer
Dosage pour 100 litres
Pour 100 litres, il suffit de multiplier la recette par dix : 40 g, 20 g, 10 g et 5 g. Une variante s’appuie sur 500 g de nitrate de potassium pour 100 litres, associé au nitrate de calcium, au sulfate de magnésium et au MAP. Dans les deux cas, je vérifie l’EC obtenue plutôt que de me fier aveuglément aux grammes.
Préparer une solution mère sans précipitation
Si je veux stocker du concentré, je sépare les ingrédients en deux flacons. Le flacon A contient le nitrate de calcium. Le flacon B reçoit le sulfate de magnésium et le phosphate. Mélangés en concentré, calcium et sulfate ou phosphate précipitent : on ne les réunit que dans le réservoir, déjà dilués.
Le bore et les autres oligo-éléments se dosent avec prudence. La marge entre carence et toxicité est étroite, donc je m’en tiens à la notice du mélange de chélates.
Alternatives organiques et naturelles : possibilités et limites
Je teste volontiers les solutions organiques au potager, mais je suis honnête : en hydroponie, elles ne remplacent pas les sels minéraux. Leur composition varie d’un lot à l’autre, donc l’EC devient imprévisible.
- Thé de compost aéré : 500 g de compost mûr dans 10 litres d’eau non chlorée, pendant 24 à 48 heures, avec un bulleur d’aquarium ;
- jus de lombricompostage : 1 volume pour 10 volumes d’eau ;
- cendres de bois, marc de café et coquilles d’œufs : des apports ponctuels, difficiles à doser.
Les coquilles d’œufs ne fournissent pas de nitrate de calcium, et le marc de café ne remplace pas une source d’azote soluble. Je filtre toujours très finement le thé de compost ou le jus, sinon les goutteurs et les pompes se bouchent et les bactéries prolifèrent. Quand la culture devient sérieuse, je passe aux sels.
Régler et suivre la solution : pH et EC
Une fois la solution mélangée, je mesure d’abord le pH. La plage tolérée va de 5,5 à 6,5, mais je vise 5,8 à 6,2, qui convient dans tous les cas. Pour corriger, j’ajoute quelques gouttes d’acide ou de base de pH, en remesurant après chaque ajout.
Je contrôle ensuite l’EC. La recette de base donne 1,5 à 1,8 mS/cm, adapté aux légumes feuilles et aux aromatiques en phase végétative. Les plantes fruitières, elles, demandent plutôt 2,5 à 3,0 mS/cm.
Pour les jeunes plants, je commence à demi-dose ou moins. Leurs racines fragiles supportent mal une solution trop concentrée. J’augmente progressivement, au rythme de la croissance.
Entretien, conservation et renouvellement
La solution mère se garde au maximum environ deux semaines, dans un bidon opaque et à l’abri de la lumière. Au-delà, je préfère en refaire plutôt que de risquer des dépôts ou des algues.
Pour le réservoir, je remplace 25 % du volume chaque semaine par de la solution fraîche, en système fermé. Le renouvellement complet intervient toutes les quatre à six semaines. Si l’eau se trouble ou si l’EC dérive, je vidange plus tôt, sans attendre.
Diagnostiquer les carences et corriger
Les feuilles parlent avant que la récolte ne souffre. Avant de corriger, je vérifie toujours le pH et l’EC : un pH hors plage bloque l’absorption même quand les éléments sont présents.
| Symptôme | Cause probable | Correction |
|---|---|---|
| Jaunissement des vieilles feuilles | Azote | Vérifier l’EC et le dosage du nitrate |
| Jaunissement des jeunes feuilles | Fer | Contrôler le pH et le chélate de fer |
| Déformation des jeunes pousses | Bore | 0,1 g d’acide borique pour 100 litres |
| Bords bruns des feuilles | Potassium | Revoir l’apport de potassium |
Pour le bore, je respecte 0,1 g pour 100 litres, pas un grain de plus : l’excès est toxique.
Combien coûte un engrais hydroponique maison face au commerce ?
Pour 100 litres, la solution maison complète revient à environ 15 à 20 €, contre 50 à 60 € pour un engrais du commerce. L’écart est net sur de gros volumes.
Sur un petit système, le calcul bascule. Le pH-mètre, le conductimètre et la balance pèsent lourd sur quelques litres, et un flacon d’engrais prêt à l’emploi peut alors être plus rentable. Je me lance dans l’engrais hydroponique maison dès que je prépare régulièrement de grands volumes.



